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 La Grande Bouffe des précaires 01/11/2020

 

Marre te de faire chier le dimanche soir Envie de bouffer comme? un-e lard pour quedale ou juste de discuter et boire un coup ? Passe à la bouffe des précaires le 1er novembre à 19h30 à l’Avenir place Guérin sur Brest !

Comment et pourquoi faire ses bouffes ? Probablement, les bouffes seront organisées la plus part dutemps grâce à de la récup’ de bouffe, des dons, de l’autoréduction.

En tant que collectif autonome de précaires, ce genre de moment et d’initiatives nous paraît important pour plusieurs raisons. Tout d’abord, dans une société de plus en plus atomisée, où l’on est souvent considéré-e comme seul responsable de ses problèmes et de ses conditions de vie, cela permet de se rencontrer, de juste passer un bon moment et de bien bouffer (si les cuistots assurent derrière!). Mais cela permet aussi de discuter de nos emmerdes, voir comment on pourrait s’organiser ensemble pour mieux vivre nos situations individuelles et collectives en tant qu’exploitées et opprimé-es. Ce genre de moment peut aussi être envisagé comme une initiative d’entraide, la bouffe étant lors de ces repas à prix libre (c’est à dire sans prix fixe et gratuite si t’as envie), contrairement au reste du monde marchand où elle est encore payante et chère lorsqu’on a pas les moyens. De même, pour l’organisation de ces moments chacun, chacune peut venir filer un coup de main.

Derrière et en parallèle cette idée de bouffe, il y a aussi l’envie d’alimenter une caisse du collectif des précaires qui est entrain de se mettre en place pour plusieurs raisons. Cette caisse est pour l’instant divisée en deux fonds. L’un qui sert au fonctionnement quotidien du collectif, en gros pour potentiellement imprimer des textes, des affiches, payer des frais de déplacements lors de rencontres ou d’actions à l’extérieur de la ville etc. L’autre fond servirait pour la création d’une sorte de mutuelle d’entraide qui serait utilisée lors de cas de coups durs que l’on peut connaître en tant que précaires. Par exemple, un salaire ou une indemnité qui tardent à tomber, la CAF qui te demande je ne sais pas combien de thunes d’un coup pour une erreur de dossier ou de calcul, une grosse facture imprévue, la bagnole qui lâche, une prune majorée parce que t’as pas payé le tramway, ou tout simplement de manière générale, nos ressources financières déjà limitées qui permettent de moins en moins de vivre un tant soi peu décemment…

Pour autant, nous savons que nous n’allons pas régler les problèmes de tout le monde via ce projet, d’un coup de baguette magique appelée la thune, car nos ressources à ce niveau seront toujours forcément limitées (on n’est pas un collectif de précaires pour rien…). De plus, après avoir expérimenté-es ensemble diverses formes de luttes et d’entraide, nous pensons qu’il faut privilégier et réfléchir à d’autres formes d’organisation collective qui ne passent pas obligatoirement par la mise en commun de thunes. Par exemple, pour nombre de problèmes financiers liés à de l’administratif (CAF, Pole Emploi, les impôts) un bon coup de pression collectif fonctionne souvent et a le mérite d’être gratuit. Le petit bonus étant, parfois, de faire passer un sale quart d’heure à une bande de petits bureaucrates souvent inconscients des réalités sociales qui sont les nôtres tout en donnant potentiellement de la force à d’autres personnes présentes. Cependant, privilégier ces formes d’organisation ne signifie pas que nous voulons nous priver d’en expérimenter d’autres et pour ces raisons nous trouvons pertinent de lancer ce projet de mutuelle d’entraide. Si, déjà, nous pouvons nous entraider entre personnes du collectifs qui galèrent grâce à cette caisse, cela pourra être bénéfique.

Rencontrons-nous, mutualisons, organisons-nous contre ce monde qui nous dépossède de nos vies et nous cantonne à des situations de crevard pendant que d’autres s’empiffrent sur notre dos et vivent la vie de pacha ! Pour l’égalité, pour la liberté, contre la précarité et l’exploitation!

gastonlacaf-brest@riseup.net

 

Réforme de l’assurance chômage, la douille!

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La réforme de l’assurance chômage, mise en place l’année dernière, est désormais en partie suspendue par le régime car l’épidémie de Covid-19, et surtout sa gestion capitaliste, a précarisé davantage de personnes en France. Pour l’instant, le projet est abandonné mais le pouvoir a déjà décidé de le remettre en application dès avril 2021. Ce projet de réforme avait encore une fois pour objectif de nous faire bosser et de nous contrôler plus tout en nous indemnisant moins. Il s’agit toujours de nous exploiter davantage avec l’aide cordiale de l’administration Pôle emploi, qui confirme encore une fois son rôle de cogestionnaire de misère et de contrôleur de main d’oeuvre à l’échelle nationale.

Pour rappel, voici les pires mesures charitablement suspendues par l’état :

– À propos des conditions pour ouvrir des droits : alors que 4 mois de travail sur 28 suffisaient pour toucher ses allocs, il va falloir dès avril avoir cotisé 6 mois sur 24, ce qui est autrement plus compliqué. La mesure n’a d’ailleurs pas réellement été suspendue pendant la pandémie, elle a été « allégée ». En effet il faut actuellement avoir travaillé 4 mois sur 24 pour toucher ses indemnités, ce qui reste déjà défavorable par rapport à l’ancien système. De plus, au début de la pandémie, la réforme était passée, et de nombreuses personnes qui se sont retrouvées au chômage n’ont donc pas pu bénéficier de l’ancien système ni de sa suspension, ce qui les a encore plus mises en galère…

– Le montant de l’indemnisation sera calculé à partir du revenu moyen mensuel, et non plus en se fondant sur les seuls jours travaillés : encore une technique pour amputer les allocs chômage. En clair, il va falloir faire très attention avant d’accepter un contrat court que Pôle emploi voudra nous imposer (on risque d’y perdre tous nos droits) et leur tenir tête malgré leurs menaces de radiation.

Dans sa grande générosité l’Etat accorde donc un « répit » à des milliers de précaires et de demandeurs-euses d’emploi du fait qu’ils et elles sont touchées le plus sévérement par la pandémie et la baisse de l’activité. Cet état de fait permet de se poser plusieurs questions et met encore une fois en lumière le fonctionnement inégalitaire de cette société pourrie. Tout d’abord, l’Etat montre par cette suspension que son projet avait ouvertement pour objectif de nous précariser et donc de nous exploiter encore plus. Cependant, prenant conscience que l’application de la réforme dans ce contexte pouvait être trop « brutale », il préfère lâcher du leste.

Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas de charité ou d’un changement d’avis, il s’agit juste d’éviter qu’une colère légitime ne grandisse trop vite et de ménager une main d’oeuvre corvéable et déjà à bout de nerfs. Ensuite, tout cela montre aussi que devant cette pandémie nous ne sommes clairement pas tou-te-s égaux-lles. En effet, la gestion de la crise actuelle, n’est qu’une gestion de comptable lugubre qui vise à préserver le fonctionnement d’une économie basée sur l’exploitation au profit des bourges et au détriment des exploité-es. On le voit bien, quand c’est la merde, qui va bosser ? Qui fait tourner la machine infernale, fait en sorte qu’elle ne s’écroule pas et par là même continue à produire et à acheminer les besoins de base comme la santé, la nourriture, le chauffage, la lumière ? Ce sont les petites mains de divers secteurs que ce soit dans l’alimentaire, l’énergie, les transports, le médical, prouvant par là l’inutilité sociale fondamentale de certaines activités, bonnes qu’à produire de la thune, dans une économie tertiarisée comme celle de la France (assurances, banques, pubs, management, finances, « tafs de bureau »…).

Qui a été et est toujours ultra solicité pour pouvoir assumer la charge hospitalière ? Ce sont des soignant-es sous- payé-es qui dans bien des endroits ont tenté et tentent toujours de s’auto-organiser dans une situation où l’Hopital est laissé à l’abandon par tous les gouvernements successifs depuis des plombes et qui, surprise, est toujours en « restructuration » en pleine pandémie. De même, qui en chie le plus pendant le confinement ? Le cassos au RSA dans son appart pourrav’, le clodo à la rue, le sans papier en galère, ou le bourge dans sa belle maison de campagne ? Qui subit le plus l’augmentation des loyers, de la bouffe ? Qui va encore payer le prix fort pour que les porcs qui nous dirigent et nous exploitent continuent à s’empiffrer ?

Pour nous, précaires, exploité-es, dépossédé-es, il n’y a aucun avenir dans cette société inégalitaire et autoritaire de merde. En tant que collectif autonome de précaires, nous souhaitons nous organiser pour arriver à une réelle émancipation individuelle et collective. Nous voulons le pouvoir sur nos vies et pas passer notre temps à mendier les miettes et à nous faire niquer pour le profit d’autres êtres humains. Nous ne voulons plus être inséré-e-s dans des processus hiérarchiques aliénants que ce soit au niveau du travail ou de tout autre rapport social et politique.

Alors ne restons pas isolé-e-s, rencontrons-nous et organisons-nous contre cette réforme, contre le travail, contre cette société, contre ce monde qui marche à l’envers ! Dès que possible, informons-nous, occupons les lieux qui nous exploitent et nous contrôlent, multiplions les coups de pression et les actions collectives contre chaque personne et organisme qui tentent de nous prendre encore davantage. Entraidons-nous face aux galères, développons de la solidarité face à notre isolement.

Organisons-nous pour l’autonomie, pour une société égalitaire et libre où nous aurions réellement le pouvoir !

Tout pouvoir à la base, partout, tout le temps !

Collectif autonome des précaires de Brest

contact : gastonlacaf-brest@riseup.net}

lieu de rencontre : réunion tous les lundis à 18H à l’Avenir Place Guérin sur Brest